26.09.2008

story from the country

au bout une lumière éblouissante dans le champ de foin.jpgau bout une lumière éblouissante dans le champ de foin,

ardèche, juillet 2009

janv 09.

 podcast
Si vous voulez un peu de musique, cliquez ici: so light is her footfall, AIR

 

 

 

 

 

DSC_0061.JPG loup, décembre 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MODE D'EMPLOI POUR LE VISITEUR :

Vous êtes bien sur le Blog photo de Elsa. Si vous voulez regarder mes photos, vous n'avez qu' à cliquer sur un des albums à droite, un diaporama est possible. Lorsque vous naviguer dans les albums, cliquez sur mon nom en haut ou la bannière pour revenir au menu. Les albums photos ne sont pas spécialement classés selon leur ordre d'importance. On peut donc naviguer en tous sens. Cependant trois thèmes généraux se dégagent : La nature ( paysages, quotidien, saisons, land art... ) ; Le voyage (L'asie, le Maroc...) ; La danse (ou bien photos de compagnie diverses, le photographe se met au service de... tout en y appliquant une vision plastique ).

Toutes ces photos on été prises avec un D50 et de vieux objectifs nikon ( sauf quelques photos de aires de danse qui sont en argentique scannées ), elles ont toutes été prises depuis 3 ans et demi.

Pour plus de renseignements, contact : sherryblossomgirl@yahoo.fr , n'hésitez pas à laisser des commentaires à cette même adresse.

 

STORY FROM THE COUNTRY / STORY FROM THE CITY – EXPO 2009 -

 Exposition composée de diverses séries photos comprenant deux thèmes : nature et villes

*** vue de l'expo, cliquer sur le quatrième album photo en partant du haut***

 

Toutes les photos de nature proviennent des cévennes dans le gard et l'hérault et quelques unes du parc national Phuong au Vietnam. Toutes les photos qui prennent places en ville sont prises à Hong-kong, Londres, Bruxelles, Paris.

 

Cette exposition n'a pas pour but d'opposer bêtement la ville et la campagne, ni de rejeter l'une ou l'autre.

Au contraire en mêlant intimement ces deux paysages, la volonté est plutôt de retranscrire notre richesse actuelle et notre incessant va et vient entre ces deux mondes. Nos déplacements sont à la hauteur de la mondialisation, que ce soit pour le travail, par curiosité ou nécessité. Nous sommes part entière de cette mondialisation et l'avons intégrée. Des paysages, envies et cultures aussi différentes et contradictoires cohabitent ainsi en nous; créant des points de vue éclectiques. Parfois totalement différents des générations précédentes.

Les séries dans la nature sont de plus en plus travaillées puisque elles sont mon quotidien, de plus en plus habitées par des personnages; comme dans les dessins, des hommes-animaux qui se fondent paisiblement dans le paysage. Ils représentent le caché, le secret, tout ce qui se passe dans les endroits peu peuplés et peu maîtrisés par les humains. Tout ce qui se passe en dehors de la société des hommes et qui effraient la plupart d'entre eux ( à part si il le rencontre à travers leur poste télévisé par exemple).

Ainsi, ayant choisi de vivre à la campagne, je passe tout de même un a trois mois en ville par an, pour le travail ou la curiosité et les amitiés. Je croise ainsi le chemin de nombreuses personnes qui, dans ces deux lieux, mènent une réflexion sur le monde et une recherche matérielle et spirituelle. A la campagne, je côtoie et découvre des personnes qui recréent des systèmes propre à leur sensibilité; grâce à un point de vue différent sur le système monétaire, l'agriculture, l'éco-construction et une réflexion sur l'auto-gestion. Force est de constater que j'y rencontre souvent des personnes bien moins passives qui n'ont que faire des états négatifs engendrés par le système économique et politique actuel, en essayant d'interférer le moins possible avec lui tout en créant quelques chose de neuf.

Ce mode de vie est encore facilement jugé marginal par conformisme que ce soit de la part d'individu cultivé ou non. La culture ou le niveau d'étude n'intérfère en rien avec la peur enfantine d'être précipité dans le vide imaginaire qui se situe à la périphérie de notre société. Hélas il n'y a pas de frontière matérielle entre la société organisée et ce chaos fantasmatique. Ce chaos n'est en fait que la réalisation pleine d'un individu en conscience qui prend des décisions par rapport à ce qui lui semble juste, à son échelle, et cela fait un bien fou, il suffit d'essayer ! Nous avons réussi à nous convaincre que la terre ne nous appartenais plus et était laissée à des puissants incontrolâbles, comme dans les contes les plus manichéens. Même si le lieu de naissance et les critères sociaux sont aux antipodes : j'ai autant de légitimité sur cette planète qu'un autre,  c'est donc cette légitimité que je m'accorde qui me fait agir. La micropolitique c'est l'établissement de nouveaux modes de vie sans la pensée universaliste qui n'a pas fait ces preuves, ni économiquement ni spirituellement; c'est-à-dire qu'elle s'oppose à la macropolitique. C'est une sensation d'énérgies nouvelles, de cohésion entre l'esprit et l'action. La nouvelle génération délaisse les dogmes et idéaux universalistes pour agir le plus vite possible sans se laisser entraver, encore une fois par les éléments négatifs de la situation, qui ne sont que perte d'énérgie et grande tradition occidentale de la plainte. Telles des fourmis, en réseaux et en rizhomes, elle construit de la cohérence à l'échelle humaine, tout en se servant de la technologie actuelle pour la communication.

En ville, on peut rencontrer l'équivalent au travers des nombreuses actions artistiques, de recyclage et création architecturale, d'organisation pour accéder à de meilleurs aliments. Il y a l'exemple des squats, dans lesquels les gens se réapproprient un bout d'espace planétaire ( politiques ou artistiques ou bien simplement d'habitation), mais il est beaucoup plus difficile d'être détaché de la globalité et de l'entourage citadin.

Je remarque que les concepts surtout par rapport au matérialisme et à l'écologie on tendance à évoluer extrêmement rapidement en ville, plus qu'à la campagne mais de manière beaucoup plus intellectuelle et donc superficielle. C'est à dire que le vocabulaire change rapidement et l'écologie semble partout, mais bien souvent elle crée une dichotomie et un sentiment de culpabilité entre ce que les gens désireraient être : un écolo citadin et les infra-strucures mises à leur disposition pour réaliser ce souhait. D'où une marge de manoeuvre réduite et une sensation de perte de contrôle sur le destin. C'est pourtant un des lieux où il y a le plus de travail, il va falloir beaucoup de volonté à ce qui ont choisi d'y vivre pour refaçonner ce quotidien, il y a donc du travail en perspective...

Tandis qu'à la campagne, en le voulant bien entendu , on peut arriver à une marge de manoeuvre bien plus grande et une maitrise de ce qui nous entoure : produire une partie de sa nourriture, utiliser des énergies renouvelables, des toilettes sèches ( difficiles à mettre en place en ville ). Sans parler des problèmes d'argent que cela implique et aussi de l'incidence de notre classe sociale sur notre capacité à être écologique ! Mais cela est un autre sujet, voici quelques pistes de réflexion jetées en vrac.

Enfin, je tiens à faire remarquer que les photos sont aussi esthétiques et contemplatives à la ville qu'à la campagne ce qui laisse présumer que l'on doit observer tout ce qui nous entoure en y appliquant un désir de poésie égal, qu'une rue illuminée de Hong kong peut-être aussi belle qu'une pluie sur la rivière en cévennes et inversement. Sous-entendu, tout ce que l'homme a crée est potentiellement intéressant. De même qu'un aller-retour entre deux cultures enrichi la personnalité et la capacité d'analyse, cet aller-retour devrait nous permettre de choisir notre lieux de vie en toute lucidité, en accord avec nos idéaux. Puisque nous vivons dans un pays riche, nous avons encore cette possibilité. 

  •  

  • une installation d'environ 2m 50 sur 1 m de photos de 20X30 cm collées qui comprend :

     

  • des photos prisent à un carrefour de Hong kong : foule, voitures, au milieu deux de montagnes ( cévennes ) et un personnage devant la vue.

  • Des photos incluses à la verticales alternant montagne et passage piéton hong kongais.

    Ce mur donne lieux à des redondances, motifs géométrique de la ville et tissent une trame, abstraite de loin mais on découvre l'opposition endroit surpeuplé/ endroits désertiques, ect... en s'approchant.

     

  • deux séries de 2 m de photo de 20X30 cm présentées horizontalement sur hong-kong, d'autres présentées verticalement.

  • une série de kung-fu d'automne dans les arbres ( mont-aigoual , cévennes ), présentées en plusieurs assemblages verticaux et horizontaux.

  • Une série de lumière de villes vues à travers pare-brises en parallèle avec des photos de rivières et forêt des cévennes.

  • Quelques montages : immeuble parisien apparaissant dans un arbre vietnamien, montagne volcan au -dessus d'un portrait parisien...

     

    *** toutes ces photos sont réparties dans divers albums sur le blog, on peut notamment en voir dans kung fu d'autonme et printemps, 5éme en partant du haut , cartes postales, hong-kong...***

 

SONG ONE

I remember that night

I was sitting all alone in the darkness

One star appeared, the air was made of crystal

Never so freezing never so beauty

The sushine still shaping the mountains so far

From here you see so much sky it's amazing

From here you see so much of the planet

I can't believe I am alive

the mountains are black

Up it's yellow

Up it's orange

Up it's pink

Up it's violet

Up it's blue

Up it's black with a few little whites

I just want to take off my head from my body

Put it near me

I just want to be a body and take this

Black mountain shape inside me

11.08.2008

Présentation texte sur l'expo Là-haut mes feuilles vertes sont des yeux...et little animals...

 I : LA-HAUT MES FEUILLES VERTES SONT DES YEUX - L'expo 2007 -

Cette série sur le paysage et la peinture est prise sur le Mont-aigoual prés du col de la cravate Quelques autres dans la forêt au sud de Bruxelles.

Elle fait partie d'un travail quotidien sur le paysage dans les cévennes au fil des saisons:  "Printemps, été, autonme, hiver ...et printemps " en référence au film du même titre de Kim-ki Duk.

Le titre se réfère à une phrase de Virginia Woolf: "Là-haut mes yeux sont d'aveugles feuilles vertes"( Les vagues ).

Ce travail évoque la peinture abstraite et l'impressionisme, l'eau et le verre. Il est volontairement répétitif, se décline sur le mode de la série et de l'association de tonalités de couleurs. Du plan fixe au mouvement cinématographique. Les photos, bien que numériques, ne sont pas retouchées sur ordinateur, tout se joue à la prise de vue, grâce à des mouvements panoramique ou des travellings. La lumière est le médium.

 II : LITTLE ANIMALS IN SMALL PLACES

De cette contemplation quotidienne du paysage, naît l'envie d'y intervenir.

 Les photos présentées par groupe de 6 au formats 20X30 sont le début d'un nouveau travail : Little animals in small places ou Little animals asleep in little places. Il est né de l'observation des insectes qui dorment dans les fleurs. Ces personnages imaginaires, entre l'animal et l'esprit évoquent l'importance du caché au coeur des plantes et de la forêt. Non seulement au niveau végétal à travers leur architecture de génie; mais aussi à travers leur vie intérieure qui permet la notre grâce à la photosyntèse. Le microscopique et le coeur des plantes mais aussi l'animal sauvage ainsi que tout le travail effectué par ses animaux pour se maintenir caché de l'humain, le plus loin possible. Il s'inspire aussi du travail du célébre dessinateur de Mangas Myasaki et de ses esprits des arbres et de la forêt. Cette réflexion glisse tout doucement dans un travail Land art, c'est à dire d'installations plus conséquentes en interaction avec le paysage.

Les tirages peuvent être encadrées ou retirées dans différents formats.

 

LA-HAUT MES FEUILLES VERTES SONT DES YEUX - Le texte -

« les yeux des oiseaux brillent au fond des grottes de feuillages. » VIRGINIA WOOLF

 TEXTES COURTS:

Ce matin je me suis assise au sommet, il y avait beaucoup de vent. Je suis devenue verte, ma peau s'est collée au sol puis s'est enfoncée, grise comme la roche. Mes cheveux se sont mêlés aux herbes folles, coincés dans les épis. Le petit scarabée y a fait son nid et m'a caressé la joue en marchant jusqu'à la façade ouest de ma nuque.

Mon corps s'est gorgé de sève et s'est gradué du jaune au vert tendre pour finir par l'intense.

Les nuages se reflètent maintenant à la surface de mon iris, leurs soleils sont pareils à des algues marrons-vertes sous la surface de l'eau. Je ne suis plus moi et c'est dans ce nouvel état que je perçois mieux le grondement du sol. Ça y est je fais enfin partie du règne végétal. Les insectes me parent et les rongeurs trouvent refuge dans le creux formé à l'angle de mes genoux.

 

J'ai fermé les yeux et je voyais mieux les montagnes qui fermaient le paysage très loin.

Je suis le vent et je m'enroule autour des arbres, toutes les feuilles frémissent sur une note différente pendant que je frôle à toute vitesse le grand chêne, plonge le long du tronc et remonte en flèche, de biais, vers d'autres cimes. Ici il y a dix vents qui se contredisent. Dans ces dix courants, je me laisse ballottée, virevoltée à des vitesses infiniment grandes, infiniment imperceptibles, mon corps se tord comme un esprit et j'entraperçois l'éclatement du vent, les points de résistances, le choc de deux courants qui forment un geyser ça et là.

Quelques oiseaux continuent de chanter, ils m'approchent enfin, picorent le grain de ma peau. Le rapace s'arrête, un instant, au dessus de moi, il perçoit lui aussi le reflet dans mon iris; ses yeux ronds et froids habituellement paraissent s'être parés d'un doux sentiment d'intimité.

Car c'est ainsi, aujourd'hui et pour toujours, la nature et moi sommes des intimes.

 

Lorsque j'ai rouvert les yeux, il était là, droit en face de moi, le chevreuil me fixait tranquillement. Ses yeux de velours, l'infini tristesse que portent les herbivores.

C'est une vie passé à fuir l'homme, à fuir cette odeur d' humanité, mais en cet instant je suis passée de l'autre côté. Le chevreuil ne me fuira plus, il ne bramera plus à mon approche pour prévenir les siens. Il dormira contre moi et les autres aussi, tous serrés dans un creux même lorsque la pluie ruisselle sur nos duvets de poils. Même lorsque les plus forts résistent à la neige et diffusent leur chaleur protectrice aux plus faibles, se serrant les flans.

Enfin, pendant toutes ces années, j'ai attendu que vous m'accueilliez.

 

Les rapaces se battent en bas, ils hurlent des sons déchirants.

 

Aujourd'hui, je fais partie du règne végétal, le chevreuil se frotte contre mon dos, comme à l'écorce. La musaraigne furète dans mon oreille; même mon odeur a changé, du chèvre-feuille? Le vent frappe et glisse sur ma poitrine, il s'insinue dans les pores de ma peau. Maintenant mes poils hérissés par le froid se dressent et se figent, ils prennent des teintes irisées, rouge violacée à la base puis verdissent à l'extrémité.

Je sens le soleil qui caresse mes paupières. La membrane alors rouge orangée se teinte de turquoise, ma peau durcie et se strie, une abeille s'endort sur ma cheville. Une mésange, toute petite avec un gros ventre, fatiguée par le vent, s'est calée dans le creux de mon aisselle. Elle enfonce le coup entre ses petites épaules et paraît sur le point de somnoler, ses petits yeux se referment à l'aide d'une peau gris claire qui remonte du bas vert le haut.

 

La plénitude m'envahit, je ne respire plus; en tous cas plus comme avant par une voix réductrice. Je respire différemment, je suis différente et je pense à des choses différentes. Je pense sauvage, je pense caché, je sent une contradiction, je renifle l'amitié. Les mots disparaissent enfin, ils sont remplacés par des tâches colorés, des sensations lumineuses, des douceurs, des résistances.

L'air se décompose en milliards de particules autour de moi, il n'est plus uni. Il y a une sommes de couleurs incroyables, chaque atomes est distincts. J'en vois un qui essaye de s'insinuer dans un pore de ma peau, il est un peu trop large mais se déforme et glisse... hop, il est entré en moi, que va-t-il devenir? Un scarabée s'est immobilisé entre l'ombre et la lumière. En comptant bien, il manque une patte. Il a l'air tourné vers son intérieur. Je crois qu'il va mourir, rien ne l'indique mais c'est comme une évidence. Il mourra ainsi, immobile, les atomes bleu d'oxygène pressés autour de sa carapace, une fleur d'air dont il est le cœur.

 

 Je suis trop pressée de vous rejoindre, je suis tellement pressée d'être avec eux.

 

Sur la route tournée vers l'ouest, le soleil descend et m'aveugle, les grillons me berçent, les herbes longues se courbent d'un côté puis de l'autre, argentées, vertes, argentées, vertes. Les ondes tanguent et la route se décroche. L'herbe m'entraine, à droite puis à gauche, l'asphalte est mouvant, tout est sinueux et m'embrasse.

Les rayons m'attrapent délicatement le visage comme autant de petites mains qui me fermeraient les paupières, doucement-doucement.

Je ne suis pas humaine, je leur ai menti...

 

 

Les rochers saignent, les sources suintent, les gouttes glissent le long de chaques filaments de mousse mais ne forment jamais un filet d'eau.

 

 

Mes joues s'embrasent dans le soleil du soir.